On m'aurait donc menti depuis le début. En ne me disant pas -- alors qu'on m'a vite expliqué que le mensonge par omission, c'est le moins difficile mais le pire -- que tout ça avait une fin programmée. Il a fallu la sortie d'un blockbuster pour que je sache que non seulement que Filofax fermerait la boutique dans deux ans, mais surtout que je n'atteindrai jamais l'âge du Christ, et pire, que dans quelques semaines, ce serait mon anté-pénultième anniversaire (à un jour près, f...).
Bon, d'accord, la Nasa a dit que si c'était vrai ils le sauraient, et sur wiki on rappelle surtout que 2012 correspond à la fin de l'ère Sarkozy, ou du moins de la première partie. On l'aurait presque oublié...
Il n'empêche, la très sérieuse France Inter prépare déjà sa programmation musicale pour ce soir de grande écoute en posant cette question délicate à ses auditeurs: quelle est la dernière chanson que vous voudriez entendre?...
J'ai décidé de me laisser le temps de la réflexion, pour savoir si je préférerais me déhancher voluptueusement sur du Scarlett une dernière fois, ou faire un bilan mélancolique sur ma vie mon oeuvre, en me disant que finalement, j'étais une grosse boule de bowling (là si tu cliques pas, tu comprends po, c'est ça qu'est drôle).En attendant, bénissons l'ami irlandais, qui même s'il te soule à 30 000 pieds au-dessus de la terre à te parler dans un franco-pakistanais saturé de ses cartes à gratter alors que tu as du te lever à 4h du matin, te permet de parcourir le monde avant qu'il ne soit plus. Et let's enjoy.
So, by the river, j'ai eu le plaisir de démasquer un cookie qui n'a pas du tout une tronche de cake (comment ça, on te l'a déjà faite?!...). Mais par respect pour son droit à la non-image, vous ne verrez pas de cliché des deux pandan-addicts que nous sommes au milieu des toilettes surréalistes du Sketch...
Oui parce qu'à Londres, on aime les oeufs, et pas qu'au petit-déj', il faut le savoir. Et de toutes les couleurs (chez Harrods, j'en ai même vu des bleus qui se mangent, oui oui)
On s'est aussi payé de jolies tea times, avec les scones qui vont bien...

J'ai trouvé que certains souvenirs avaient un destin bien cruel...
Je suis entrée dans des lieux qui en imposent...
... et à l'intérieur, j'ai du réfréner des pulsions cleptomanes...
J'ai eu des réminiscences inattendues...
... dans mon Aube natale...
... ou à Québec (ça c'est pour me la péter moi-j'ai-plein-de-tampons-sur-mon-passeport)
J'ai trouvé certains contrastes saisissants...
Je me suis prise pour Alice au pays des merveilles...
... un amas de cire de Babybel...
... et un mur de briques...
Je me suis vue différemment dans des boules pas de Noël...
... dans un miroir pop...
... et dans les rétros du métro (oui parce que c'est pas très clair cette histoire, à pied on sait toujours pas de quel côté on doit marcher)
Sinon à part ça dans mon jardin je trouve qu'on se prépare plutôt joliment à l'apocalypse.
Et moi j'avais la conviction profonde que mon mec pouvait pas mourir avant de connaître le goût du yuzu, alors j'ai pris les devants.
Tartelettes matcha-poire-yuzu
Pour les non-initiés, matcha=poudre de thé vert; yuzu=mini-pamplemousse japonais. Son jus n'est pas facile à trouver, donc si vous habitez à la campagne comme moi, on trouve tout là.
Pour la pâte brisée au matcha:
250g de farine blanche
125g de beurre mou
100g de sucre glace
1 jaune d'oeuf
50g de crème fraîche épaisse
1 pincée de sel
1CS de matcha
Pour la ganache au yuzu
95g d'eau (minérale de préférence)
1CS de jus de yuzu
3/4 de feuille de gélatine
2 oeufs
80g de sucre
110g de beurre mou
+1 belle poire et le zeste d'un citron vert (facultatif)
On commence par la pâte. Placer la farine, le sucre, le sel, le matcha, et le beurre en morceaux dans un cul de poule (ou un grand tupperweare pourri, oui...). Travailler pour obtenir un sable grossier. Ajouter le jaune d'oeuf et la crème. Pétrir jusqu'à former une grosse boule. Envelopper d'un film plastique et laisser reposer au frais.
Pendant ce temps, préparer la ganache. Faire tremper la gélatine dans de l'eau froide. Faire frémir l'eau au bain-marie. Non ce n'est pas absurde puisque vous allez ajouter les oeufs, le sucre, le yuzu, et remuer jusqu'à épaississement. Ajouter la gélatine, laisser tiédir, puis ajouter le beurre en parcelles. Laisser reposer au frais.
Aller se promener.
Etaler la pâte sur une silpat, ou une plaque recouverte de papier sulfurisé. Former des disques à l'aide d'un cercle ou d'un verre en guise d'emporte-pièce. Faire cuire une vingtaine de minutes à 180°C, jusqu'à ce que ce soit cuit, quoi. Attention à ne pas les laisser brunir, c'est moins vert donc moins classe.
Laisser refroidir.
Aller étendre le linge.
Tartiner les cercles avec la ganache, en n'allant pas jusqu'au bord, toujours dans un souci d'esthétique (comment ça, he deviens snob?!), bien lisser.
Répartir des mini-dés de poire, et éventuellement des zestes de citron vert.

