
Ceci n'est PAS le carrot cake de
Rose Bakery, ni celui de
Pierre Hermé, ni de cet
excité de
Jamie, auxquels je n'ai pas eu l'honneur de goûter. Mon référent en la matière, c'est plutôt celui de la
Tate Modern (et ouais...). Celui-ci est inspiré d'Annabel Langbein, la
jardinière glamour néo-zélandaise, à l'origine par le passé d'une
transformation très heureuse de mes blettes. Son carrot cake que voici est un tout petit peu customisé par mes soins...
Oui parce qu'aussi bizarre que ça puisse paraître à nos amis d'outre-Manche (et Atlantique),
il est des petites Frenchies fascinées par ce gâteau potager. Et non, nous autres, on
n'a pas ça, comme il m'a fallu l'expliquer il y a quelques jours à un britannique épicurien. Va savoir pourquoi mon gars, mais les cuisses de grenouille que nous sommes, autant ils ont saisi tout, je dis bien tout le potentiel du cochon, autant râper des carottes ailleurs qu'à la cantine, ça leur est pas venu à l'idée...
Comme quoi les temps changent pas tant que ça: le British revendiquerait presque le monopole de la fusion food, mais ne comprend pas qu'au pays du feuilleté on s'extasie sur carrot cake, ginger loaf, cupcakes et autres joyeusetés.
Je ne gloserai pas sur un so-called complexe d'infériorité malgré cet air narquois -- à moins que ce ne soit l'inverse --, d'autant qu'une balade dans la capitale des Gaules met tout le monde d'accord: ici, on se fout pas du cochon,
contrairement à d'autres...Ce culte se manifeste par des nombreux portraits un peu partout comme l'oncle Hô dans
le pays qu'avec le
Cookie on aime bien.

Au fil des rues et des enseignes, impossible de l'éviter.
Même s'il y a bien un peu de concurrence bovine...
... et aviaire...

... et des tentatives désuètes de déconcentrer l'Anglais en lui faisant penser à son stilton bien-aimé...

... qui ne nous détourneront pas de notre destination: le mausolée à la gloire de l'animal à la queue en tire-bouchon...
Il est même sur les serviettes, que visiblement, on est censés mettre dans sa poche en partant!)
Je vous épargne la photo de mon demi-mètre de boudin, mais je suis tombée en admiration devant mon île flottante aux pralines.
Un peu de légèreté avant la quête du cervelas pistaché qui nous a coûté un bras, même si on s'est retenus face à ça:
... et ça.
Non parce qu'en cochon, on n'est pas très compétent, mais les gâteaux, on aime TROP les faire nous-mêmes. Et puis on s'est copieusement documenté au Books for cooks lyonnais, où on a même contracté des envies de cuisine moléculaire. La détox, ce sera l'année prochaine. Merry Christmas everyone.
Petits (ou gros, d'ailleurs) carrot cake(s)

20 cl d'huile sans goût
5 cl d'huile de sésame
2 CS de sirop d'érable
4 oeufs
160g de farine complète
160g de farine blanche
2 CC de cannelle
1 CC de gingembre moulu
1 petit morceau de gingembre râpé
1/2 CC de muscade
1/2 CC de girofle écrasé
300 g de carottes fraîchement râpées
2 CC de bicarbonate
1 CS de jus d'orange
Pour le glaçage:
35 g de beurre mou
6 kiri
le jus et le zeste d'1/2 citron
290 g de sucre glace
Préchauffer le four à 160/170°C. Dans un mixeur, placer l'huile, les oeufs, les épices. Pulser. Ajouter la farine, le bicarbonate dissous dans le jus d'orange. Re-pulser. Ajouter les carottes (si si, ça tient!) et re-re-pulser.
Enfourner pour une heure, peut-être un peu moins pour des gâteaux individuels. Mais la cuisson est assez longue, il faut donc avoir recours à la bonne vieille technique de la pointe de couteau.
Laisser reposer. Pour le glaçage, fouetter les kiri pour les détendre (bah oui), ajouter progressivement le sucre glace, le jus et le zeste.
Attendre que le gâteau soit bien froid pour démouler et tartiner du glaçage, et garder dans un endroit pas trop chaud pour que celui-ci tienne bien. Ceci dit, en ce moment...

Sinon, j'ai croisé
Le Bec. Et il m'a dit bonjour...