samedi 23 janvier 2010

Cheesecake cardamome-grenade et comment j'ai trouvé la bonne conscience éternelle

Il faut croire que j'ai des lectures de vieille. En pyjama dans mon lit, lunettes sur le nez, -- mais pas de tisane à côté, faut pas exagérer non plus --, je commençais à me faire la réflexion à la lecture d'un papier à destination des parents d'ados sur le thème y-a-des-explications-psychologiques-de-haut-vol-à-leur-addiction-aux-séries-vampiresques (pas la brillantissime d'Allan Ball, hein, l'autre...).
Bref, de quoi redonner le moral à
certains qui seraient prêts à faire bouffer de l'ail par cageots à leur progéniture pour qu'elle comprenne enfin qu'il faut débloquer sur le végétarien aux cheveux collés, que personne ne voudrait pour gendre (si?)
Bref, parmi les autres trucs à pardonner aux ados, leurs grasses mat' à n'en plus finir. Oui parce que là, y a même pas besoin de faire intervenir Rufo, y a une explication scientifique, M'sieurs dames : c'est les hormones. Enfin une hormone, la mélatonine. Oui, c'est pas parce qu'ils font la gueule, les ados, qu'ils veulent pas se lever, c'est à cause de
N-acetyl-5-methoxytryptamine.
Donc voilà : si je suis une marmotte qui se demande comment
d'autres ont pu se lever d'aussi bonne heure pendant aussi longtemps -- non parce qu'une fois de temps en temps, j'suis cap' hein, genre pour un lever de soleil sur Angkor par exemple... --, c'est pas ma faute à moi : j'ai pas fini ma puberté. Et comme c'est quand même un petit peu handicapant dans le monde des adultes d'avoir besoin de ses neuf heures quotidiennes, je me renseigne si je peux pas en dealer, comme du sang de vampire, tiens. Insomniaques, me communiquer vos offres.



Le cheesecake, donc. La base est toujours la même depuis que je suis (presque) aussi mordue que Loukoum, avec une petite customisation au niveau de la base, le parfum de la cardamome et la grenade, fraîche et photogénique (trouvez pas?)
Pour la base : 200g de speculoos, avec un peu de pralin
3 cuillères à soupe de beurre fondu
750g de ricotta
120g de sucre
4 œufs
3-4 capsules de cardamome

Ecraser les biscuits, mélanger avec le pralin, ajouter le beurre fondu, placer au fond d'un moule à charnière (ou dans des cercles, à ce moment-là, réduire copieusement le temps de cuisson), bien écraser sur toute la surface à l'aide d'un verre, placer au frais.
Battre la ricotta au fouet pour la détendre, ajouter les oeufs, le sucre et la cardamome écrasée. Verser sur la base, laisser cuire une petite heure à 180°C (beaucoup moins pour des petits, donc). Laisser reposer idéalement 24h, disposer les graines de grenade et servir.

Enjoy;-), comme ils disent à la fin des épisodes.

mercredi 13 janvier 2010

Tempête sous mon brushing : mousse coco-chocolat blanc, sorbet carotte-coriandre et petits sablés au yuzu

Il fallait pas me laisser à la maison avec des congères me déculpabilisant complètement de passer quatre jours à cuisiner. Presque, hein: j'ai donc pelleté, mais aussi essayé de sauver des arbres et pris plein de photos à travers ma ville, pour envoyer aux gens du Nord qui ne m'auraient pas crue.

Mais j'en ai surtout profité pour faire des expériences pas toutes aussi heureuses, que je vous livre brutes ci-dessous, un peu comme des pistes pas damées (niark).

Sinon, la météo m'a aussi servi de caution morale pour acheter Elle
. (Oui, j'ai besoin pour ça sinon d'un prétexte, d'un contexte). Et devinez qui y avait en une... Celle dont le péché mignon ce n'est ni les macarons, et encore moins les cupcakes, mais plutôt le reblochon. Encore un bon point pour Scarlett, diront les mâles qui aiment-le-glamour-mais-bon-y-a-des-limites. Elle aurait même déclaré, je vous le donne en mille, que rien ne comptait plus pour elle. J'ai d'abord cru à une extrapolation ou à une mauvaise traduction, mais non. Scarlett a bel et bien déclaré au très sérieux Observer (cher lecteur, apprécie mon bon quart d'heure de recherches pour vérifier cette info capitale) : "My greatest vice is cheese. Nothing else reigns over my life".

Moi qui pousse comme vous le savez désormais des gémissements équivoques face à un brie truffé, un Gaperon, un Stilton et autres joyeusetés, ça me laisse quand même perplexe. Principalement parce qu'à la place de ce pauvre Ryan, après la sortie de la miss sur son peu de foi dans la monogamie, je commencerais sérieusement à me poser des questions...
Ceci étant, ces informations capitales étrangement passées à la trappe n'ont absolument rien de nouveau, la révélation fromagère de ScarJo datant de décembre 2003, un temps où ce modeste blog n'existait même pas.


Non, dans le papier de Elle, aucune info. Parce qu'elle est comme ça, ScarJo. Même quand il se passe rien dans sa life, elle peut faire la une avec un énième papier sur le même angle: mais qu'est-ce qui fait donc que Scarlett est Scarlett...
Le plus beau marronnier de tous les temps. A côté, mes galettes des rois des Amicales boulistes font pâle figure, tiens. D'ailleurs maintenant, ce n'est plus dans les journaux qu'on pose les vrais questions mais sur les réseaux sociaux, c'est bien connu: sur Facebook, un groupe "Scarlett Johansson est parfaite mais sait-elle faire la ratatouille?" affiche 997 membres. Qui ignorent certainement sa soumission au lait caillé, et proposent une recette de ratatouille contestable. Mais qui posent une vraie question.



Sinon, y avait aussi de vraies réponses à la question des tendances food de 2010, ce qui me permet de dire que je n'ai pas acheté Elle pour rien. Et je sais grâce à Estérelle pour au moins un an. Parce que comme ça, quand l'affreux fait la grimace quand je lui dis yuzu ou sudashi, je pourrai le traiter de plouc avec une moue de starlette.



Mousse chocolat blanc-coco
L'occasion d'une découverte capitale: le lait de coco peut se monter comme de la crème fouettée. En revanche, le piment d'Espelette dedans, c'était une erreur.
Pour 4 verres:
200 g de chocolat blanc de bonne qualité
400 g de mélange crème liquide/lait de coco
piment d'Espelette (très) facultatif

Faire fondre le chocolat au bain-marie, monter la crème au batteur. Mélanger délicatement, verser dans des verres et faire prendre au frigo (c'est liquide au début, mais c'est normal).


Sorbet carotte-coriandre
J'ai été un peu déçue, mais n'arrive pas tout à fait à identifier pourquoi: carottes trop cuites, pas assez de coriandre, ou mauvais voisinage avec la mousse et son piment. Je persisterai dans ma quête, comme pour le poivron, parce que je suis sûre que ça peut le faire grave.

4-5 carottes épluchées et coupées en bâtonnets
100g de sucre
40 cl d'eau
quelques branches de coriandre


Dissoudre le sucre dans l'eau, porter à ébullition, jeter les carottes. Laisser confire 3/4h, puis refroidir. Mixer avec la coriandre. Passer en sorbetière.


Petits sablés au yuzu


50g farine de blé
100g farine de riz
60g de sucre
1 jaune d'oeuf
100g beurre mou
1 CS de jus de yuzu


Mélanger les deux farines, ajouter une pincée de sel et le sucre. Incorporer le jaune et le beurre, travailler jusqu'à l'obtention d'une grosse boule (au besoin, ajouter un peu d'eau). Préchauffer le four à 180°C. Fariner un plan de travail, étaler la pâte sur une épaisseur d'un bon centimètre. Découper les sablés avec un emporte-pièces ou des verres les disposer sur une plaque anti-adhésive, à défaut le lèche-frites graissé.
Parsemer de graines de sésame et enfourner pour une dizaine de minutes en surveillant.

vendredi 8 janvier 2010

Cas de force majeure : panna cotta au pandan et compotée de quetsches au yuzu

J'ai donc écouté le préfet plutôt que ma conscience professionnelle, qui a presque failli me faire descendre 4 km sur les fesses pour aller relire mes chères assemblées générales boulistes. (Oui, ce métier engendre certaines pathologies...)

Feu vert du big boss ayant été donné à Cocotte pour cocooner, voici ma dernière pandanerie, peaufinée entre deux pelletées pour que l'affreux puisse me rejoindre sans que de raquettes il ne soit besoin.
En prime, le film de l'extraction du liquide dangereusement addictif : il y a des chances pour que plus jamais vous n'achetez l'infâmie en bouteille des frères T. Tout le monde n'a pas
la chance d'avoir de l'extrait-qui-va-bien-qu'il-est-vert-comme-il-faut rapporté du Vietnam...


Donc, pour celles qui ne seraient jamais tombées sur le billet de la douce Kalice, il faut:

1. Rassembler toute votre confiance et votre bonne humeur et vous diriger chez le primeur asiatique le plus proche
(ce qui est relatif, le mien est à 100 bornes. D'où l'intérêt de ce qui suit, CQFD).

2. L'aborder avec un grand sourire et lui prononcer tous les noms que vous connaissez à l'objet de votre quête : pandan bien sûr, dans toutes les prononciations possibles, la dua si vous le sentez viet (encore que, même à Ben Tanh ça marche pas, ça...), bayteuil s'il est plutôt laotien. Cette identification étant plutôt compliquée, je vous l'accorde, vous pouvez tentez, mais en dernier sinon c'est pas drôle, "feuilles parfumées". C'est ce qui a marché pour moi.

3. Repérez les paquets les mieux fermés, ça évitera que tout votre frigo en prenne l'odeur, parce que c'est pas comme la
truffe mais presque, et que j'ai beau être une aventurière, le camembert au pandan, je suis pas sûre de la pertinence de l'association.

4. Mettez les habits dont vous avez envie de vous débarrasser, ça vous fera une caution morale pour cliquer sur l'image de la énième tunique sympa sur La Redoute, sur le thème: la dernière est toute verte, il m'en faut une nouvelle. Normalement il dira rien puisqu'il sera déjà lui aussi accro à l'odeur, et vous empêchera de racheter du Tang.
(Pardon mes frères).

5. Coupez les feuilles aux ciseaux (elles sont assez dures), les placer dans le mixer.

6. Faire tourner en mode pulse en le laissant se reposer régulièrement (ça l'épuise) et en ajoutant un peau d'eau: idéalement un minimum, pour que l'extrait soit le plus concentré possible. Mais il faut essayer d'obtenir cette masse filasse de laquelle s'écoulera le sang de Shrek. Donc pour atteindre ce louable objectif, bien patouiller les feuilles à la cuiller entre deux pulse.

7. Vous saisir de votre torchon le plus moche, car vous ne le reverrez jamais dans cet état. Placer le contenu du bol au centre, au-dessus d'un saladier, et le serrer de toutes vos forces
(faut bien rentabiliser tout ce cirque).

8. Prendre une grande inspiration, et pousser un méga-soupir de satisfaction. D'autant qu'il va vous falloir attendre un peu, car le plus vert, qui nous intéresse, a tendance à se déposer au fond au bout d'un (long) moment, qu'il vaut mieux laisser s'écouler pour obtenir un extrait qui ne faussera pas les textures de vos préparations. En attendant, admirer.



Ne pas vous en faire si vous trouvez que ça a vraiment juste une odeur d'herbe coupée. Au début, c'est normal.

9. Faire le ménage (ou pas, puisque vous allez encore repeindre la cuisine plusieurs heures après).

10. A la cuiller, virer le maximum de l'eau jaunâtre du dessus, pour ne garder que le vert.

11. Verser le contenu dans des bacs à glaçons, bénir le fabricant de votre mixer s'il en a doté le bol d'un bec verseur, et placer au congel.


12. Refaire le ménage (après c'est fini).

13. Sortir vos petits glaçons verts et les mettre dans un sac de congélation, pour les mêmes raisons qu'au point 3 (oui, oui, même congelé, j'vous jure). Il se peut qu'ils soient encore un peu bicolores, dans ce cas pareil qu'en 10, laisser fondre et décanter, et jeter le maximum d'eau.

14. Vous faire un jus de crâne (vert) sur ce que vous allez bien pouvoir faire, vous pouvez même créer un groupe sur Facebook. Ou aller
. Ou les deux. Ou jeter un oeil sur cette recette.

Panna cotta au pandan, compotée de quetsches au yuzu


Pour la crème
50 cl de lait
40 cl de crème liquide
3 g d'agar agar
sucre à votre goût
pandan à l'intuition (3 glaçons pour moi)
colorant vert si vous avez la nostalgie du Tang

Pour la compotée de quetsches
des quetsches dénoyautées congelées par Picard ou les copines de Maman
du sucre à vue
yuzu pareil, je dirais 1 CS
Pour la panna cotta, mettre tous les ingrédients dans une casserole. Mélanger, porter doucement à ébullition, verser dans des verres. Laisser prendre, filmer et placer au frigo.


Faire compoter les quetsches avec leur jus et le sucre à feu doux. Verser sur les panna cotta une fois prises.
Goûter devant le spectacle. Oui parce que c'est pas les Vosges, mais une pinède gardoise. Oui oui.




Ou s'en foutre complet.

vendredi 1 janvier 2010

Un oeuf qui se met sur son 31 pour un 69 avec la truffe, et la glace au sésame noir-qu'heureusement-qu'on-s'embrasse-sous-le-gui-après

Et le titre le plus long jamais donné à un billet sur ce blog. Sorry. Pour garder la face avec un semblant de bonne résolution, je promets de m'évertuer à limiter les incises dans ces quelques lignes. Surtout pour conter une histoire aussi torride.

Il y avait donc la vaporeuse Tuber, qui s'était langoureusement fait une place dans le lit de Brie. Maman, compte-rendu dans les commentaires, please.
Mais notre généreuse héroïne ne pouvait uniquement de cet amant dégoulinant se satisfaire. Elle est donc allée s'encanailler en boîte (Tupperweare) avec une bande de neuneus plus habitués à la mère poule qu'à l'amante aux parfums qui enivrent. Mais vibrants (pardon) d'enthousiasme pour cette hôte de quelques nuits. Nos puceaux ont donc sorti le grand jeu pour sceller éternellement cette union (à plusieurs, ouais): un ultime 69 d'une heure
(pour les initiés, j'ai bien droit à une parenthèse avec plein de liens dedans, 65° c'est trop dur -- les non-initiés comprendront ce qu'ils voudront, ou cliqueront). Tuber s'en est presque évanouie de plaisir. Et nous avec.

Mais l'extase gutturale, notre invitée l'a connue avec ça.

Château Fortia, AOC Châteauneuf-du-pape (blanc), 1995. Un heureux sauvetage.
Sinon, en hommage à mon histoire d'amour avec le sésame noir, qui a vu le jour en cette année désormais passée, une petite glace qui n'a pas fait l'unanimité mais généré quelques râles de plaisir.
J'avais pas l'intention de la faire, celle-là, mais maintenant je me sens un peu obligée: bonne année de tous les délices.


Et mes excuses pour ces photos un peu tue-l'amour...

Oeuf confit de plaisir avec sa copine la truffe

Placer le nombre d'oeufs désirés dans une boîte fermée, avec la melanosporum. Résister à ses pulsions voyeuristes quelques jours.
Porter l'eau d'une casserole à 65°C. Y placer les oeufs, se débrouiller pour que la température ne monte pas au-delà des 70°: la plaque électrique au mini mini, ça marche à peu près. Laisser batifoler une heure. Ecailler sans se formaliser si vous perdez un peu de blanc, à n'importe quelle température, dans l'oeuf le blanc c'est pas le plus intéressant. Servir avec des lamelles de truffe.

Glace au sésame noir

Fouetter 3 jaunes d'oeuf avec 110g de sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Faire chauffer 20cl de lait avec 1CS de sésame noir en mélangeant bien. Verser sur le mélange jaunes-sucre, et faire chauffer jusqu'à épaississement. Ajouter 15cl de crème, mélanger, laisser refroidir, passer en sorbetière.

Les petits sablés au yuzu m'ont été inspirés par une recette du Tang book. Later.