J'ai un peu peur de pas réussir à tenir un "10 bonnes raisons de vivre à Avignon, gnon", moi.
N'empêche que niveau chocolat, j'en ai déjà trois.
- La proximité avec Tain, le fief du grand manitou Valhrona, qui rend les retours de vacances moins tristes, quand il faut faire de la place entre les chaussures de ski et la tomme de chèvre pour caler quelques kilos de Caraïbes, Guanaja et autres joyeusetés.
- La présence de deux sympathiques femmes chocolat qui compense un peu la distance avec les boîtes vertes de Patrick (et les 12€ de frais de port qui vont avec, ça fait quand même cher la tablette de praliné, même pour assouvir une envie de femme enceinte).
Photos Ange Esposito

J'ai nommé Aline Géhant* et sa complice Laurence. Les deux femmes se sont rencontrées, excusez du peu, à la Maison du chocolat où Aline a officié quatre ans en labo. Laurence, elle, a été traductrice de cours de cuisine au Ritz avant de rejoindre Robert Linxe.
Z'étiez pas bien, les filles, rue du Faubourg St-Honoré? Beh il manquait à Aline son amoureux, enseignant dans la cité papale. Alors la jeune femme décide de descendre dans ce désert sucré, monter sa petite entreprise. Toute seule comme une grande tout d'abord: labo le matin, boutique l'après-midi, six jours et demi sur sept.
Laurence, grande fan de Patrick, l'a rejointe il y a quelques mois pour la vente et les ateliers.
Bon, je dois avouer que ça m'a rappelé des souvenirs de première de la classe... Genre la fille qui fait du zèle quand on lui explique qu'il faut laisser fondre pour faire venir les arômes: "Ouais, paraît même qu'il faut le coller au palais tout en soufflant"... En fait, j'attends toujours qu'on m'apprenne la technique. Mais j'ai révisé mes classiques, goûté du Madong, appris que la ganache était née par accident, une bêtise d'un apprenti ayant fait tomber de la crème dans le chocolat, et s'étant fait traiter de... ganache.Je suis repartie avec des p'tits pots, et yop la boum des petites tartes.
Paraît qu'on éduque déjà le palais de ses enfants in utero, je prends ça très au sérieux...
Pour la pâte
120g de sucre en poudre
250g de farine
100g de beurre
25g d'huile d'olive
1 oeuf
Tamiser la farine. Couper le beurre en petits morceaux, le travailler du bout des doigts avec la farine et l'huile jusqu'à former un sable grossier.
Creuser un puits, y mettre l'oeuf et le sucre. Mélanger rapidement. Former une boule, la filmer et hop au frigo au moins une heure.
Pour la ganache (la veille)
300g de crème fleurette
250g de Caraïbes concassé
1 gousse de vanille.
Fendre la gousse, la gratter au-dessus de la crème, faire bouillir, verser sur le chocolat, mélanger au fouet en partant du centre. Laisser reposer au frais (pour éviter les bulles).
Etaler la pâte, foncer les moules (pas trop épais), faire cuire à blanc 1/4h à 180°C. Laisser refroidir.
Réchauffer la ganache, verser sur les fonds de tarte en lissant bien le dessus. Mettre au frais sans rien dessus jusqu'au moment de servir.



