La glande subventionnée a donc un prix. Si tu veux être payée pour faire des macarons et aller à la piscine, difficile de te soustraire à la corvée des cours de préparation à la naissance. Un intitulé scandaleusement prétentieux: qui arrive préparée à la maternité? Genre "c'est bon moi je vais assurer je sors d'une bonne prépa"...?
Dans mon cours, deux autres parturientes, qui doivent à elles deux avoir pris facilement l'équivalent de mon poids initial. Une redoublante: deuxième enfant, césarienne programmée, moi je demanderais un mot pour sécher. Et une autre qui visiblement a pas fait exprès de se faire engrosser... Et oui, ici exit la pudeur: sur les ballons géants, on peut tout se dire... Et pendant que ta dinde s'agite in utero sur le thème "allez Maman, on va la faire, cette ganache", il te faut attendre poliment que ces demoiselles aient fini leur séance de psychologie de comptoir, les accouchements difficiles de la mère et de la soeur patin-couffin...
La seule confidence qu'elles auront réussi à m'arracher, c'est après un exercice de... "gestion de la douleur". En l'occurrence, une balle de tennis sous la hanche (ouille ouille ouille). Entre autres palliatifs, il fallait, bien sûr, penser très fort à un endroit agréable.
Et une fois que c'est fini et que les camarades ont regagné les matelas et se vautrent dans les coussins d'allaitement pour se remettre, "alors, vous vous êtes imaginées où, vous?"
Cocotte, un peu décontenancée, ravale un "mais qu'est-ce que ça peut te f..." et confesse timidement : "bah, dans les bras du papa".
Ce qui me paraissait évident ne l'était visiblement pas pour tout le monde. Grand moment de solitude. De la même manière, quand on te demande si ça va, ne surtout pas répondre "oui, super", tout en retirant tes talons et en cherchant un truc normal pour s'asseoir, genre une chaise. Enfin, surtout, ne pas rajouter "et toi?". De toute façon, tu t'en fous, et tu sais très bien qu'elle va te répondre qu'elle est fatiguée alors qu'elle doit en foutre dix fois moins que toi. Attendre que ça se passe, comme les cours d'histoire du 19e en vraie prépa, et penser qu'en sortant, après la démonstration de la poupée Corolle dans une cagoule, qui sort d'un coussin en forme de bassin, tu vas aller au magasin bio juste à côté acheter tes flocons d'érable pour le magnifique entremets réalisé à Noël.
Self-control beaucoup plus compliqué quand il s'est agi de la leçon propagande pour l'allaitement "l'alimentation de l'enfant". Se retenir, quand on t'explique que les enfants allaités ont un QI supérieur aux autres (!) de répondre que tu prends le risque, mais que bizarrement, tu es certaine que ta dinde sera plus maligne que le niard de ta camarade. Celle-là même qui demande le plus naturellement du monde, après le laius sur la "tétée de bienvenue" (oui oui): "Mais alors-euh, je serai tchorse nu?"
...
Allez, un petit exercice de relaxation ? J'peux pas, j'ai atelier chocolat...
Pour ceux qui mordent encore sans savoir, le praliné c'est, classiquement, des noisettes caramélisées, puis mixées. Parce qu'on peut aussi faire de très jolies choses avec des amandes, des noix, de pécan, de macadamia, du Brésil, de Grenoble... Tiens, faudra essayer avec des cajou. Les torréfier préalablement leur apporte un petit plus. On mixe quatre-cinq secondes pour un praliné bien croustillant, mais on peut poursuivre le processus (en faisant des pauses hein, soyez cool avec votre robot) jusqu'à obtenir une pâte, l'huile contenue par les noix se libérant. Magique, non?
Noix prêtes à praliner
Cette fois, il y avait un mélange de noisettes et d'amandes, dans les 140g je crois. Même poids de sucre. Toujours. On enrobe quand le caramel est doré, on laisse refroidir, on concasse grossièrement, on mixe cinq secondes, on en laisse un peu dans le mixeur qu'on fait aller jusqu'à la pâte de pralin.
Pour des bonbons de chocolat, on fait une ganache en faisant chauffer 10cl de crème liquide, qu'on verse sur 250g de couverture lait (Jivara chez moi). On fouette, puis on ajoute le praliné, on mélange bien, on laisse refroidir.
On se frotte les mimines et on forme des truffes, qu'on enrobera ensuite dans 300g de couverture tempérée (bain-marie tout doux pour les deux tiers du chocolat, qu'on monte à 50°; on le fait redescendre en le versant sur le tiers restant dans un récipient froid -- de façon à redescendre vers 26° --, et on remet au bain-marie jusqu'à 30°C, la température de travail). Pour l'enrobage, deux fourchettes à fondue, ça fonctionne très bien pour des boules qui font un peu soirées de l'ambassadeur je vous l'accorde. Mais c'est Noël, et j'ai une dinde à livrer.