jeudi 7 avril 2011

The best spring ever. Glace à la moutarde et autres armes anti-baby blues

ça a commencé comme ça. Un rayon de soleil pas comme les autres entre comme un bazooka dans le salon, faisant grimacer l'enfant. (Va pourtant falloir t'habituer ma fille, c'est comme le mistral et l'odeur de l'ail sur nos doigts, t'y couperas pas, t'es du Sud...).

Et puis il y a les fraises qui débarquent sur les étals. A peine le temps de pester contre les trucs en plastique venus du Maroc et d'Espagne que gariguettes et ciflorettes débarquent, éclipsant mes amis potimarrons et autres topipi.

Oublié de vous dire la dernière fois, les tubercules sont devenus nos meilleurs amis pendant cet hiver de diète gourmande, puis de repas familiaux. Zappant l'étape épluchage, l'affreux les a balancés direct dans le four. A la sortie, du croustifondant franchement réjouissant.

Depuis qu'on est tombés à quatre biberons, l'économe a repris du service. Les ultimes topinambours de la saison, ils ont fini en crème, avec un trait de lait de coco, tandis que les pluches ont constitué la base d'un puissant bouillon. A refaire dès leur réapparition. Quand la dinde aura des dents, quoi.


N'empêche que malgré les rappels à l'ordre des saints de glace et autres rabats-joie, c'est son premier printemps.

Autres signes qui ne trompent pas: les pollens qui dansent et la voiture qu'on dirait saupoudrée de curcuma chaque nuit (les cyprès, autre calamité méridionale).

Le chat qui reprend son régime lézards, avec cette cruauté puérile qui me fascinera toujours. J'ai vraiment que ça comme solution, pour vaincre ce p... de dernier kilo??

Les couches qui sèchent au vent. Oui parce que tant qu'à marronner dans les allées du supermarché -- trop bien la poussette, on a enfin un interlocuteur sur l'absurdité des fèves du Maroc (un peu de patience, bordel!...) ou l'ail d'Argentine (alors là j'ai pas compris) --, on va aussi essayer de limiter l'empreinte de ce côté. D'autant que M. Pampers, il ne daigne même pas nous dire où il les fabrique, ses couches. Encore plus étonnant, la composition n'est indiquée nulle part...
Le prétexte était donc tout trouvé pour flanquer les fesses de ma fille de merveilles girly: imprimés japonisants Made in Normandy here ou luxe minimaliste à la Erès there (thanks Mum!).

Bref, c'est le printemps, et bientôt on laissera ses petites rangées d'enokis à l'air!

D'aussi loin que je me souvienne, enfant, ado, et même ensuite étudiante and now mummy, le repas signalant le printemps, c'est une ventrée d'asperges et de fraises. Avec de la mousseline (comme un mayo à laquelle on incorpore les blancs battus, pour plus de légèreté voluptueuse), des oeufs mollets et du beau jambon. Depuis quelques années (le Cookie m'a contaminer), avec un oeuf à 65°C et de la glace à la moutarde.
Passard utilise la moutarde d'Orléans, moi celle de Reims. La Clovis, ça s'invente pas, hein?
On peut évidemment être moins snob et opter pour la bonne vieille Bourguignonne, hein. Mais on n'aura pas la finesse du vinaigre de vin de Champagne, fatalement...

La recette est la même que là, où je vous invite à aller voir d'autres joyeusetés printanières...

*** Glace à la moutarde***
25cl de lait
25cl de crème liquide
5 jaunes d'oeufs
1CS de miel (de Champagne, tant qu'à faire...)
3CS de moutarde

Faire frémir le lait, la crème, le miel, verser sur les jaunes préalablement battus. Remettre sur le feu et fouetter jusqu'à ce que le mélange épaississe. Laisser refroidir (important) et ajouter la moutarde. Mélanger et placer au frais, avant de passer en sorbetière.


A part ça? Un cheesecake cédrat-kinako pas pris en photo, une crème d'asperges au sésame à tomber (je vous la refais), une résa chez Ledeuil, un millefeuille au Millefeuille...
Vivement la diversification.