vendredi 27 mai 2011

Le temps des cerises, part one. Gaspacho anti-décrépitude


La dinde m'a tuer. On m'avait pas prévenue que l'épanouissement procuré par ses progrès quotidiens allait de pair avec un angoissant processus d'abrutissement intellectuel. Dieu qu'il est loin le temps soirées West Wing-Taddei-un peu de Don De Lillo avant de s'endormir...
Aujourd'hui, The Wire nous paraît d'une complexité insoutenable pour nos cerveaux ensuqués, How I Met Your Mother est tout ce qu'on arrive à suivre.

Du coup, moi qui ai peine à croire qu'il y a dix ans j'enchaînais les disserts de macroéconomie et de droit administratif, qui m'endors à l'opéra, je saluerais presque le petit président pour s'être mis à Proust sur le tard... That sucks, hein? Dites-moi pas que je vais devoir attendre que la dinde ait des commentaires composés à rendre...




***Gaspacho de tomates ET cerises au poivre rouge***

Un petit shot de fraîcheur vitaminée qui ne nous a pas franchement boosté les neurones, mais transmis un signal de plaisir certain à nos cerveaux fatigués. A customiser à l'envi.

1 kilo de cerises (burlat, thks Tiuscha!)
5-6 belles tomates
1 citron
1 petit trait d'huile d'olive
poivre rouge de Kampot (Albert Ménès)
sel

Dénoyauter les cerises, prendre rendez-vous pour une manucure.
Peler et épépiner les tomates.
Mixer finement les cerises, ajouter les tomates, un peu de poivre, le jus du citron par petites touches (faut pas que ça prenne trop d'acidité, non plus).
Saler sans faire tomber la boîte dedans.
Remettre au frais et servir avec du poivre concassé.


See ya!


mardi 17 mai 2011

Mise au vert. Une tartinade de fèves, et le grand Passard illustré


Cette enfant dépasse toutes mes espérances. Après la carotte, elle est passée au safran. Pour les non-initiées qui se disent que j'ai la diversification violente, le pistil entre, pour ses vertus analgésiques, dans la composition d'un fameux gel pour les gencives malmenées par la poussée dentaire. Et ils ont pas lésiné, j'ai goûté, évidemment.
Et beh c'est son péché mignon. Alors que le Doliprane goût Malabar, elle le snobe. I'm so proud...

Par solidarité, on a mis nos incisives en grève le temps d'un pique-nique sur le chemin de la Lozère. Si c'est pas se mettre au vert, ça...





Salade mangue-concombre à la Loukoum


Ladite tartinade, madeleines salées brie-kumquat-olives



Je vous fais grâce du ceviche de saumon au pamplemousse, top mais franchement pas photogénique...

***Tartinade de fèves***
Autant de fèves que vous avez le courage d'écosser, blanchir, éplucher (sinon y a toujours Mister P.) 4, 500g ça paraît raisonnable
4 anchois
2 gousses d'ail (frais si possible)
2 branches de sauge
25g de parmesan
huile d'olive

Dans l'ordre et dans le mixeur: ail, sauge, anchois, parmesan, huile d'olive, puis fèves. Eviter le turbo, que ça fasse pas trop purée, et réajuster l'assaisonnement et la quantité d'huile (faut que ça se tienne, quand même).
Classique de nos pique-niques, ça marche aussi en apéro-épate... ou avec des pâtes.

Attention carte postale...





A part ça, une délicieuse lecture sur laquelle vous pouvez vous jeter dès demain.


Christophe Blain, dessinateur et scénariste inspiré (Issac le pirate, Quai d'Orsay), a déboulé à l'Arpège en total non-initié. En a été ému aux larmes (tu vois Cookie, y a pas que toi!). Et pendant plus de deux ans, a suivi l'homme aux gants blancs entre la rue de Varenne et le potager sarthois.
Il en a fait un petit Ovni, livre de recettes dessinées, et en filigrane le portrait d'un Passard en éternel mouvement.
Et quelle ne fut pas ma fierté de découvrir que Mister Passard associe pamplemousse et petits pois, comme je venais de le faire quelques heures auparavant.

Sur ce, je m'en vais le feuilleter en regardant la mélisse (et la dinde) pousser.

Allez, une dernière pour la route...


dimanche 1 mai 2011

Il est un sens qui n'en finit jamais de s'éveiller. Epatés par la Kitchen Galerie. Et une nouvelle glace bizarre

La dinde a goûté la carotte. Et a kiffé. Vous imaginez aisément ce que ce micro-événement a pu nous procurer comme satisfaction.

Nous, on est allés se diversifier chez Ledeuil. Histoire de fêter mes trois dizaines sans qu'un gentil serveur me demande si vraiment, un verre de blanc ou vous êtes sûre, pour la seiche? Top le service de Ze Kitchen Galerie, btw. Cool mais classe, classe mais cool, tout comme j'aime.
Dans l'assiette?

Encornet à la plancha. Joli contraste des textures, avec ces corolles de radis noir. C'est bon, très bon. Mais ça a l'air vachement plus intéressant en face.

Tartare de daurade, mangue, écume de tarama.

Pour le plat, c'est moi qui ai fait le bon choix: pigeonneau, betterave, tamarin. Grosse claque. C'était pourtant pas gagné d'avance. La betterave, je cours pas forcément après (mais j'ai le goût du risque, et je me doutais bien qu'ici ça le ferait). Mais la viande rose, ça m'est difficile.
J'ai plongé, j'ai été envoûtée.

Ce qui est marrant, c'est que je ne suis pas sûre qu'avec la même assiette, ma voisine ait mangé la même chose que moi. Ni fait mumuse comme ça avec la sauce, ça c'est sûr. Ces assiettes si soigneusement composées, c'est un peu une partition que tu t'appropries. Un coup tu emmènes ce voluptueux pigeon se frotter avec le tamarin, un coup tu ondules dans la sanguine betterave... C'est normal que j'aie un instant pensé à Dexter?
Je pourrais aussi filer la métaphore sur la peinture, le chef est amateur d'art blabla, c'est comme une palette et à la fin t'as ton tableau (que tu niques en sauçant tellement c'est bon). Mais c'est tout sauf contemplatif.

En face, une autre déclinaison de cuisson, avec du porc ibérique; ça a l'air ludique, mais ça bouscule moins.
Quant aux desserts, je les avais ptet trop fantasmés. Le cappucino fraise wasabi, je m'en lasse un peu, malgré une glace à la pistache à se rouler par terre. C'est frais, comme un nuage, mais c'est un peu cotonneux pour moi.

Passe à ton voisin. En échange d'une espèce de catamaran (non?) qui t'emmène beaucoup plus loin: c'est doux et ça pique, ça fond et ça croustille (cette meringue au wasabi...).

Thanks so much, darling. Quand est-ce qu'on met l'enfant à la citronnelle?


*** Glace aux haricots rouges, rhubarbe, grué***
Cette nouvelle glace bizarre (mais pas tant que ça) est rescapée d'un repas tex-mex, où évidemment j'étais en charge du sucré et où évidemment je me suis bien amusée: il y avait aussi de la glace à l'avocat, une divine mousse au chocolat pimentée, des babas à la tequila...
Plus rien de présentable. Mais la glace, j'en avais fait un parpaing (oui faut la sortir loooongtemps avant, sachez-le).

J'ai fait la pâte de haricots rouges moi-même car dans mon bled on n'en trouve pas. Avec des azukis:-) La méthode chez la Mangue, avec quelques précisions: une nuit plus une journée c'est pas du luxe, et la cuisson c'est plutôt trois heures et demie. Moi comme j'ai un robot qui chauffe (et une maman formidable), j'ai fini de cuire dedans; c'est dur, ces petites bêtes.

Pour la glace j'ai fait pareil qu'elle, en allongeant avec un peu de lait de coco. Le jaune, on peut s'en passer.

La rhubarbe, je l'ai faite compoter bien épluchée, en petits bâtonnets (2 branches, 2 CS de sucre, un peu d'eau). Il faut qu'elle soit tendre mais se tienne. Et évidemment, de la rose, c'est mieux...

Parsemer de grué.

Croyez-le ou non, mais derrière le chili, ça apaise...




A lire, une autre gourmande comblée, là.