La dinde a goûté la carotte. Et a kiffé. Vous imaginez aisément ce que ce micro-événement a pu nous procurer comme satisfaction.
Nous, on est allés se diversifier chez Ledeuil. Histoire de fêter mes trois dizaines sans qu'un gentil serveur me demande si vraiment, un verre de blanc ou vous êtes sûre, pour la seiche? Top le service de Ze Kitchen Galerie, btw. Cool mais classe, classe mais cool, tout comme j'aime.
Dans l'assiette?
Encornet à la plancha. Joli contraste des textures, avec ces corolles de radis noir. C'est bon, très bon. Mais ça a l'air vachement plus intéressant en face.
Tartare de daurade, mangue, écume de tarama.
Pour le plat, c'est moi qui ai fait le bon choix: pigeonneau, betterave, tamarin. Grosse claque. C'était pourtant pas gagné d'avance. La betterave, je cours pas forcément après (mais j'ai le goût du risque, et je me doutais bien qu'ici ça le ferait). Mais la viande rose, ça m'est difficile. J'ai plongé, j'ai été envoûtée.
Ce qui est marrant, c'est que je ne suis pas sûre qu'avec la même assiette, ma voisine ait mangé la même chose que moi. Ni fait mumuse comme ça avec la sauce, ça c'est sûr. Ces assiettes si soigneusement composées, c'est un peu une partition que tu t'appropries. Un coup tu emmènes ce voluptueux pigeon se frotter avec le tamarin, un coup tu ondules dans la sanguine betterave... C'est normal que j'aie un instant pensé à Dexter?Je pourrais aussi filer la métaphore sur la peinture, le chef est amateur d'art blabla, c'est comme une palette et à la fin t'as ton tableau (que tu niques en sauçant tellement c'est bon).
Mais c'est tout sauf contemplatif.
En face, une autre déclinaison de cuisson, avec du porc ibérique; ça a l'air ludique, mais ça bouscule moins.
Quant aux desserts, je les avais ptet trop fantasmés. Le cappucino fraise wasabi, je m'en lasse un peu, malgré une glace à la pistache à se rouler par terre. C'est frais, comme un nuage, mais c'est un peu cotonneux pour moi.
Passe à ton voisin. En échange d'une espèce de catamaran (non?) qui t'emmène beaucoup plus loin: c'est doux et ça pique, ça fond et ça croustille (cette meringue au wasabi...).
Thanks so much, darling. Quand est-ce qu'on met l'enfant à la citronnelle?
*** Glace aux haricots rouges, rhubarbe, grué*** Cette nouvelle glace bizarre (mais pas tant que ça) est rescapée d'un repas tex-mex, où évidemment j'étais en charge du sucré et où évidemment je me suis bien amusée: il y avait aussi de la glace à l'avocat, une divine mousse au chocolat pimentée, des babas à la tequila...
Plus rien de présentable. Mais la glace, j'en avais fait un parpaing (oui faut la sortir loooongtemps avant, sachez-le).
J'ai fait la pâte de haricots rouges moi-même car dans mon bled on n'en trouve pas. Avec des azukis:-) La méthode chez la Mangue, avec quelques précisions: une nuit plus une journée c'est pas du luxe, et la cuisson c'est plutôt trois heures et demie. Moi comme j'ai un robot qui chauffe (et une maman formidable),
j'ai fini de cuire dedans; c'est dur, ces petites bêtes.
Pour la glace j'ai fait pareil qu'elle, en allongeant avec un peu de lait de coco. Le jaune, on peut s'en passer.
La rhubarbe, je l'ai faite compoter bien épluchée, en petits bâtonnets (2 branches, 2 CS de sucre, un peu d'eau). Il faut qu'elle soit tendre mais se tienne. Et évidemment, de la rose, c'est mieux...
Parsemer de grué.
Croyez-le ou non, mais derrière le chili, ça apaise...

A lire, une autre gourmande comblée,
là.